Archive for mars, 2011
Mon voyage vers l’Amazonie m’a profondément marqué, entre la vétusté des habitations (maisons en bois sur pilotis, cf article de la semaine dernière) et la joie émanant des enfants, voire des adultes…
Et quels adorables bouts de chou !
Voici quelques « photos que l’on aime »…

Réglages : ISO 100, 1/160 s, F/3,6
Allez, on se déplace pour voir un peu mieux où nous sommes :

Bon j’avoue que je n’ai pas trop réussi à les faire rire sur cette photo, mais moi, ils me font sourire
Alexandra
Les dates sont posées : du 4 juillet au 18 septembre 2011 auront lieu les rencontres internationales de la photographie d’Arles, une institution depuis… 1970 !
Cet été, pas moins de 60 expositions y seront visibles :
C’est surtout le Mexique qui sera représenté avec 8 expositions de photographes de toutes les époques : Maya Goded, Daniela Rossel, Graciela Iturbide…

(c) Graciela Iturbide, Mexique
D’autres expositions traiteront la thématique de la révolution numérique…
Et d’autres mettront le photojournalisme à l’honneur !
Ce programme alléchant a été annoncé le 23 mars par le ministre de la culture, Frédéric Mitterand, et le programme complet devrait être disponible dès le mois d’avril sur le site officiel : http://www.rencontres-arles.com
Alexandra
Cela fait quelques temps que nous n’avons pas parlé composition de l’image, chers lecteurs, alors voici un petit conseil, ou plutôt un grand classique, qui marche à presque tous les coups… Le cadre dans le cadre.
Je suis allée vous chercher ce cadre lors d’un voyage en Amazonie, il y a quelques années…

Réglages : ISO 100, 1/125 s, F/9
L’idée dans cette photo est d’attirer l’oeil vers le « paysage », ou plutôt la maison tout en bois, toute fragile… Alors que juste en face, une « Assembleia de Deus » (sorte d’église nouvelle génération qui se développe rapidement depuis plus d’une dizaine d’années au Brésil) est en construction, et en briques ! J’avoue que j’étais très surprise de découvrir cela : tout un village de maisons en bois et sur pilotis, vulnérables au possible, et un seul bâtiment en briques…
Dans cette photo ce qui va ressortir au prime abord, c’est le contraste des couleurs, entre l’orange de la brique et le vert luxuriant et équatorial, c’est le cas de le dire, puis d’autres contrastes…
A retenir : encadrer une image va souvent apporter une histoire « en plus » à votre photo, particulièrement pour les paysages, et lui donner un peu de caractère !
Alexandra
Vous avez un appareil photo reflex numérique, ou un bridge… Savez-vous que vous pouvez faire la mise au point manuelle ? Un bouton situé sur votre objectif et/ou sur votre boîtier, selon les modèles, vous permet de choisir entre AF (autofocus) et MF (manual focus). Par défaut, il est réglé sur autofocus… pourtant, dans certains cas, il vaut mieux l’utiliser avec la mise au point manuelle ! Votre appareil photo peut d’ailleurs vous le signaler, lorsqu’il fait « zzz zzz », c’est qu’il ne trouve pas la mise au point …

1) Pour la macro-photographie
Pour la macro-photographie, il est nécessaire de faire la mise au point manuelle car votre appareil est souvent si près du sujet qu’il ne trouve pas lui même où la faire. Or vous avez besoin d’être extrêmement précis pour une photo macro, et une mise au point sur le mauvais « point » aboutirait à une photo… ratée. Avec la mise au point manuelle, vous contrôlez et choisissez le point de netteté.
2) Dans une situation de basses lumières
Ici encore, votre appareil photo a sans doute du mal à faire la mise au point dans les environnements sombres avec très peu de lumière. Et vous allez entendre le fameux « zzz zzz » et votre bague de mise au point va faire des allers-retours sans savoir où faire le point. Alors passez à la mise au point manuelle…
3) Pour les portraits en plan rapproché
Nous l’avons dit dans d’autres articles, la mise au point pour un portrait doit être faite sur les yeux ! Ce n’est pas toujours évident, il faut jouer avec le collimateur… ou bien shooter avec une mise au point manuelle.
4) Shooter à travers des vitres ou des grilles
Avez-vous déjà connu cette situation : vous êtes au zoo, vous voulez prendre en photo ce superbe lion derrière sa grille… mais vous prenez en photo la grille ! Toute nette, et le lion, derrière, se retrouve tout flou. Alors c’est le moment de se mettre sur la mise au point manuelle. Même idée lorsque vous voulez prendre une photo à travers une vitre, l’autofocus va sans doute s’arrêter à cette vitre et même révéler qu’elle n’était pas bien propre… On passe à la mise au point manuelle.
5) La photo de sport
Vous avez peut-être essayer de prendre en photo un coureur cycliste du tour de France, et n’avez pas « eu le temps » de le prendre au bon moment, car votre appareil photo a eu du mal à faire la mise au point ? Vous pouvez essayer le mode d’autofocus en continu, proposé sur la plupart des reflex, ou encore, passer en mise au point manuelle, pour prendre la photo au bon moment : celui que vous décidez.
Pour aller plus loin :
-Découvrez les fonctionnalités de votre reflex, si vous venez de l’acquérir, en 4h : Découverte de son reflex
- Comprenez les différents types de flou, et sachez les maîtrisez, si vous êtes débutant, en 4h : Profondeur de champ et priorité ouverture
Alexandra
C’est lors de la mise en place de ses 80 photos sur les grilles du Jardin du Luxembourg que j’ai eu le plaisir de rencontrer un grand photographe : Olivier Martel. Son exposition « Femmes éternelles à travers le monde » est présentée par le Sénat du 8 mars (journée mondiale de la femme !) au 15 juin 2011, rue de Médicis, Paris 6ème (Métro Odéon / RER Luxembourg).

© Olivier Martel – Ethiopie, paludisme
Alexandra : Comment vous êtes-vous lancé dans la photographie ?
Olivier : Je suis un photographe autodidacte. J’ai étudié aux Beaux-Arts et à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs, mais je me suis tourné vers la photographie lors de ma coopération en Afrique, au Congo Brazzaville, il y a 35 ans.
A : Fort de cette expérience, quelle est votre spécialité en photographie ?
O : C’est le photoreportage au long cours. En effet, j’ai visité plus de 75 pays, sur tous les continents, et dont certains où je suis retourné une dizaine de fois, comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Russie… J’ai publié plusieurs ouvrages suite à ces voyages répétés, comme « L’âme russe » aux éditions Philippe Rey, qui traite de l’orthodoxie. En France aussi, pour l’ouvrage « Sur les routes du sacré en France » aux Presses de la Renaissance, j’ai passé plusieurs semaines dans des abbayes et monastères.
A : Le Sénat présente votre très belle exposition « Femmes éternelles » sur les grilles du Jardin du Luxembourg. Quand avez-vous pris les photos exposées ?
O : Elles retracent toute ma carrière, de 1974 à 2011. La plus récente a été prise le 7 janvier 2011, à Essaouira, une autre le 26 décembre 2010, c’était un mariage dans une synagogue. Il y a donc ici 80 photos qui couvrent à peu près toutes mes années de travail, de voyages.
A : Quel matériel avez-vous utilisé pour ces photos ?
O : Je suis fidèle, depuis le début de ma carrière, à la marque Leica. Toutes les photos ont donc été prises avec différents appareils Leica, beaucoup en argentique, et les dernières en numérique, avec le M9.
A : Parmi les 80 photos présentées pour « Femmes éternelles », avez-vous des coups de cœur ?
O : Ce sont toutes des coups de cœur ! J’aime beaucoup, par exemple, celle qui a été prise en Ethiopie et à la frontière du Soudan, dans une clinique de brousse, avec un enfant atteint du paludisme et sa mère. Il va être sauvé. Elle a été publiée dans Géo. J’aime aussi la photo de fille en Russie qui ressemble à une madone, ou encore les « filles à la perle » en Russie, sur l’île de Kiji.
A : Et pour quelles photos avez-vous rencontré le plus de difficulté ?
O : Lorsque j’étais au Mozambique, je faisais du reportage de guerre, dans la brousse, et la situation était dangereuse puisque des mines pouvaient exploser à tout moment. J’ai assisté aux négociations entre les capitaines portugais et le FRELIMO (Front de Libération du Mozambique). Cette rencontre était très émouvante, il y avait deux jeunes filles armées, qui parlementaient aussi. J’ai également connu des conditions difficiles lorsque je faisais un sujet sur les enfants des rues à Madagascar et une mère-fille de 15 ans, dans une clinique.
A : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes photographes reporter ?
O : Il faut être patient, discret et persévérant. Il ne faut pas hésiter à se faire oublier du modèle, et à être en harmonie avec son sujet, même dans le silence. Aussi, il faut aller sur le terrain, aimer les pays, les gens, se connaître, discuter, inspirer confiance. Par exemple les hommes ne sont pas acceptés dans le rite de danse africaine que j’ai photographié. J’ai préparé le sujet, j’y suis allé plusieurs fois, et la confiance s’est établie.
A : Le mot de la fin, quels photographes vous ont inspiré ?
O : J’aime beaucoup Sebastião Salgado, pour ses reportages en noir et blanc, et Edouard Boubat, pour sa sensibilité.
A : Merci de nous avoir fait partager votre passion, votre histoire et vos conseils !
Propos recueillis par Alexandra le 4 mars 2011

Olivier Martel, photographe et chercheur d’images
Liens et ouvrages récents d‘ Olivier Martel :
Son site : www.olivier-martel.com
- Le livre de l’exposition : « Femmes éternelles », photographies d’Olivier Martel et textes d’Eric Fottorino, paru le 3 mars 2011 aux éditions Philippe Rey (168 pages, 39 €)
- « L’âme russe » aux éditions Philippe Rey.
- A paraître très prochainement : « Les âges de la vie », de la naissance à la mort, en 365 pages et aux Editions les Presses de la Renaissance
Que vous ayez voyagé loin ou juste à Paris, vous avez tous déjà vu les bus de 40 touristes, groupés, qui font des dizaines de photos à la volée. C’est d’ailleurs chez eux qu’ils verront mieux le monument ou les ruines, tant ils sont pressés en tant que groupe (dans tous les sens du terme !). Du coup leurs photos sont toutes similaires… à l’exception du photographe qui prend le temps de se déplacer et se fait siffler car il est en retard pour le prochain stop. Vous l’aurez compris, je ne suis pas fan de ce genre de tours, surtout si les voyageurs n’ont pas le temps, de photographier, et de s’imprégner de la culture qu’ils explorent. Si quand même c’est votre façon de voyager pour plein de raisons, voici des idées pour être un peu plus créatifs !

Réglages : ISO 100, F/5,6 et 1/400ème pour cette photo de péruviennes
1) Déplacez-vous
Pour ne pas prendre les mêmes photos que tout le monde, il faut changer d’angle, explorer le site… Cherchez un point plus haut par exemple, peut-être suffit-il de monter quelques marches !
2) Cherchez de nouveaux angles
Pour ajouter de la créativité et de l’intérêt à vos photos, cherchez de nouveaux angles… Mettez-vous au sol pour prendre un sujet en contre-plongée, ou sur une veranda (s’il y en a !) pour une photo à effet « vu du ciel ». De même n’oubliez pas le détail, qui va renforcer la diversité de vos images.
3) Emmenez vos différents objectifs
Pendant les voyages, certaines situations vous poussent à shooter au grand angle (18mm) pour les paysages ou à restituer la vision humaine (35-50mm selon les boîtiers) pour les photos de rues, et pour d’autres vous aurez besoin d’un téléobjectif (70-200mm) pour vous rapprocher d’un sujet ou pour garder du détail. Bref, même si c’est lourd, dommage de laisser à la maison votre équipement !
4) Respectez les autochtones
Ce sont souvent les portraits des habitants des contrées que vous visitez qui seront vos meilleures photos, plus intenses que des paysages mille fois vus. Cependant, n’oubliez pas de demander la permission quand vous photographiez des étrangers, c’est le respect ! J’ai moi-même été photographiée en plein Paris par des chinois alors que j’étais en roller il y a quelque temps, il m’ont demandé la permission !!!
5) Photographiez aussi vos compagnons de voyage !
Car c’est quand même plus sympa d’avoir vos proches sur les photos, en plus des paysages. Non seulement ils donnent une échelle au paysage, et en plus ils peuvent être justement intéressants pour montrer la différence culturelle entre eux et le pays visité.
Pour aller plus loin :
Sachez cadrer et sortir du cadre avec l’Art de la Composition.
Ramenez des photos dignes des plus grands reportages avec le Photoreportage.
Trouvez de nouvelles façons de photographier paysages et architecture avec Paysages Urbains.
Alexandra