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Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

Par Laure Coenca

La Fondation Henri-Cartier Bresson présente une rétrospective inédite de l’artiste chilien Sergio Larrain. Un photographe mythique et mystique au parcours singulier et au regard profondément humain.

Evénément majeur des Rencontres d’Arles 2013, l’exposition “Vagabondages” poursuit sa route et s’installe à Paris.

7photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

 

Du mouvement à la solitude : une vie à capter le monde

Né en 1931, Sergio Larrain grandit dans une famille de la haute société chilienne. A l’étroit dans cet univers frivole et bourgeois, il part étudier aux Etats-Unis et achète à crédit un Leica IIIC.

Après plusieurs années à silloner l’Europe, il rentre au Chili, son port d’attache.  A Santiago, Larrain se lance dans son premier projet photographique et suit les enfants abandonnés qui errent dans les rues et sur les rives du fleuve Mapocho : “Los Abandonados”.

3photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

Avec un regard chargé de sympathie, il saisit les visages de ces exclus qui à travers son objectif redeviennent des personnes.  Il s’immerge dans leur quotidien jusqu’à devenir l’un des leurs.

Il côtoit l’invisibilité.

Ce sont ces images qui frapperont Henri-Cartier Bresson.

Suivant une envie mais sans vraiment y croire, Larrain envoie ses clichés au célèbre MOMA de New-York. En 1956, le directeur de la photographie de l’époque, Edward Steichen, lui achète 4 tirages.

Deux ans plus tard, il devient photographe pigiste pour le magazine brésilien 0 Cruzeiro Internacional.

1photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

Sa fascination pour Cartier-Bresson le pousse vers Paris où la rencontre se fait finalement en 1960. Larrain rejoint alors l’Agence Magnum, son  rêve fou. Il réalise de nombreux photo-reportages de commande : le mariage du Shah d’Iran, la Guerre d’Algérie, la mafia sicilienne…

Cependant, un malendu touche l’artiste. Il y a un profond décalage entre le photo-journalisme avec la quête de l’instant décisif et la façon qu’a Larrain de concevoir la photographie, comme une méditation.

Après un passage à Londres sur les traces de Bill Brandt, Sergio Larrain retourne de nouveau à ses racines, au Chili pour arpenter sa ville fêtiche : Valparaiso. Ses ruelles, son port, ses escaliers. Traîner avec les marins et les filles au bar Los Siete Espejos.

« Il faut aller là où tu le sens… Peu à peu tu vas rencontrer des choses. Et des images vont te parvenir, comme des apparitions. Prends-les ».

9photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

En 1978, Larrain s’installe définitivement à la montagne, à Tulahuén, pour méditer et achever dans la solitude sa quête spirituelle. . Il y passera presque 35 ans, jusqu’à sa mort en 2012.

Ses dernières photos sont des images minimalistes du quotidien accompagnant des dessins et des lettres qu’il envoie à ses amis. Il est retiré du monde et correspond beaucoup, espérant convaincre ses amis qu’il faut changer le monde.

 

Un rectangle à la main : le cadrage vu par Larrain

Le cadrage est un élément majeur dans les compositions de l’artiste. Il l’explique en 1963 dans son premier livre : “El rectangulo a la mano”.

Très souvent dans la verticalité (pour échapper à l’horizontalité du monde). Des lignes fortes, des diagonales traversent, structurent ou destructurent ses photographies.

8photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

Sergio Larrain travaille beaucoup en contreplongée. Décalés, penchés, les sujets sont souvent coupés.
Ses cadrages si étonnants induisent une sensation à la fois dramatique et magique à la photographie.

C’est un travail de composition d’une incroyable modernité.

5photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

Dans les rues immondes de sa Valparaiso, Sergio Larrain va débusquer la lumière qui irradie les êtres, mendiants ou prostituées, passants ou chiens. Les ombres sont partout, combat entre le noir profond et la lumière. Une maitrise parfaite de la photographie en noir et blanc

Les oeuvres de Larrain sont extrêment vivantes. Ces images capturent un moment de vie mais en même temps nous font pénétrer dans un univers. A la fois éphémère et méditatif.  Un état de grace.

« Une bonne photo naît dans un état de grâce. Cela arrive lorsque l’on est libéré des conventions, des obligations, de la compétition : libre comme un enfant découvrant la réalité pour la première fois. Le but du jeu, ensuite, est d’organiser le cadre. »

4photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

 

L’exposition : une relation épistolaire

C’est Agnès Sire, la directrice de la Fondation Henri Cartier-Bresson, qui après une amitié épistolaire de trente ans a su convaincre Larrain de laisser publier quelques photos entreposées dans des boîtes posées sur des étagères à l’agence Magnum.

Deux livres, Valparaiso sur des textes de Pablo Neruda, Londres et maintenant un troisième aux éditions Xavier Barrat, Vagabondages sont enfin disponibles.

6photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

L’exposition présente 128 photographies en noir et blanc dont de précieux tirages d’époque de la collection Magnum.

Les séries « Los Abandonados » et « Valparaiso » sont présentées.

2photo Sergio Larrain, de la grâce du Noir et Blanc

© Sergio Larrain

 

Informations pratiques :

Sergio Larrain : « Vagabondages », du 11 septembre au 22 décembre 2013.

Fondation HCB : 2, impasse Lebouis 75014, Paris.

Du mardi au dimanche de 13h à 18h30.

Le samedi de 11h à 18h45.

Nocturne gratuite le mercredi de 18H30 à 20h30.

Plein tarif 6€ / Réduit 4€.

 


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