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Infos stages et cours de photographie. Actualité et conseils pour de plus belles photos.

Le blog cours-photographie.fr vous donne des conseils artistiques et techniques pour réaliser de plus belles photos et vivre votre passion. Ce blog est édité par la société MonCoursPhoto, qui vous propose des cours et stages de photographie sur Paris

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Interview de Cécile Dégremont à l’occasion de son exposition « Paysages en mutation »

Formée à l’histoire de l’art à la Sorbonne et à la photographie au Centre Iris (2002), Cécile Dégremont travaille en tant que photographe professionnelle pour des collaborations avec la presse magazine (Télérama, Sciences et Avenir, Le Monde de l’Education), l’édition (Hachette, Delagrave), des entreprises, et des cours de photo. Cécile a réalisé de nombreux reportages et des photomontages sur la ville du Caire et sur le thème de la mémoire, qui ont été exposés au Centre Culturel Egyptien de Paris, au Caire ainsi qu’aux Rencontres Photographiques du 10ème arrondissement de Paris.

Alexandra : Cécile, vous exposez à partir du 5 mai 2011 à la bibliothèque Faidherbe, sur le thème « Paysages en mutation ». Comment avez-vous choisi ce sujet ?

Cécile : J’ai commencé ce travail il y a plusieurs années, cherchant la limite entre zones rurales et zones urbaines en Île-de-France, mais cela pourrait se situer dans d’autres régions. J’ai d’ailleurs déjà été publiée sur un site d’architecture à ce sujet. La bibliothèque avait lancé un appel à candidature sur la thématique de la transformation des campagnes et la modification du paysage français, suite à un article de Télérama de février 2010 intitulé « Comment la France est devenue moche » ! Et j’ai été la seule photographe sélectionnée pour exposer.

A : Félicitations ! Et quelles images avez-vous choisi d’exposer ?

C : Je suis née en Essonne et j’ai été le témoin de cette transformation de la zone rurale en zone urbaine, notamment ces 5-10 dernières années. J’ai donc voulu saisir la frontière entre ces deux types de paysages et montrer ce que c’était en train de devenir. J’ai donc choisi principalement des images de l’Essonne, et 20 tirages seront exposés au format 24x36cm.

cecile degremont Interview de Cécile Dégremont à loccasion de son exposition Paysages en mutation

© Photo : Cécile Dégremont

A : D’où vous est venu cet intérêt, voire cette passion, pour la ruralité et l’urbanisme ?

C : Avant de me tourner professionnellement vers la photographie, j’ai étudié l’histoire de l’art et l’archéologie. Je m’intéresse en effet à la manière dont les gens se réapproprient leur héritage historique, et comment ils l’habitent, un thème millénaire ! Certes, les infrastructures (routes, centres commerciaux …) sont construites pour l’homme, mais les terres cultivées se réduisent… ce développement se retourne contre lui ! C’est le paradoxe que j’ai souhaité montrer.

A : Un vrai message en effet ! L’exposition reflète-t-elle vos spécialités en photographie ?

C : Oui, globalement. Mes thèmes de reportage de prédilection sont l’histoire, l’archéologie, l’environnement.

A : Comment vous-êtes vous lancée dans la photographie ?

J’ai commencé à 16 ans. Au lycée, je passais mon temps dans le labo photo du lycée, et à la fin de mes études, je suis revenue à la photo, en commençant par travailler dans une galerie photo puis en passant professionnelle.

A : Quel matériel utilisez-vous ?

C : Un Canon EOS 5D.

A : Quel conseil donneriez-vous à nos lecteurs ?

C : Il faut garder à l’esprit que la photo est un média, et ne pas perdre de vue ce qu’on a envie de raconter. Quand on a une idée de photo, ou de série, il faut persister !

A : Merci de nous avoir fait partager votre passion, votre histoire et vos conseils !

Propos recueillis par Alexandra le 28 avril 2011

Pour en savoir plus :

Exposition « Paysages en mutation » à la Bibliothèque Faidherbe
18-20 rue Faidherbe, 75011 Paris jusqu’au 28 mai
Vernissage jeudi 5 mai à 19h00

Le site de Cécile : http://www.ceciledegremont.com/

Le cours de photographie à Paris proposé sur ce thème : Paysages urbains, pendant 4 heures


Connaissez-vous Ashes and Snow ?

C’est l’exposition la plus visitée de l’histoire de l’art, et pourtant elle est si peu connue en France. J’ai eu la chance de la visiter quand j’étais à Mexico, en 2008.
Ashes and Snow est une installation qui voyage autant que son maître, le photographe et globe-trotter canadien Gregory Colbert. A l’intérieur de ce musée ambulant, entre les bambous et au dessus de nappes d’eau, sont suspendues plus d’une centaine de photographies grand format, révélant au public la poésie de la relation entre un homme et une baleine, l’harmonie parfaite d’un faucon et d’une petite fille, l’interaction surprenante d’une femme assoupie et d’un éléphant.  Sans aucun montage ni effet, mais simplement à travers une mise en scène réfléchie, Gregory Colbert dévoile avec une technique admirable l’instant magique, sacré, et pourtant réel, de coexistence entre l’être humain et l’animal, instant qu’il a traqué pendant plus de 10 ans, et qu’il traque encore.

ashes and snow 1 Connaissez vous Ashes and Snow ?

© Gregory Colbert

Ashes and Snow, exposition ambulante, était à New York en 2005, à Los Angeles en 2006, à Tokyo en 2007 et à Mexico en 2008. Paris n’est pas encore sur le programme, mais si lors de vos voyages à travers le monde vous vous retrouvez face à ce musée nomade, profitez à votre tour de cette expérience visuelle et spirituelle.

ashes and snow 2 Connaissez vous Ashes and Snow ?

© Gregory Colbert

Et parce que l’exposition elle-même est une œuvre en évolution, une suite est en préparation depuis 2008. Attendez-vous à voir d’ici peu des clichés fascinants saisis dans la profondeur du monde sous-marin.

Pour tous ceux qui sont encore sensibles à la magie de la nature.

Pour visualiser les photos sur votre écran, rendez-vous à la fin du Dossier de Presse .

Chloé R.


Martin Parr… à ne parrâter !

Grâce à Martin Parr, voici une occasion de voyager et de sourire à la vue de ses nouvelles photos à la fois documentaires et un peu kitch, humour anglais oblige ! C’est l’exposition du moment, et à Paris, à l’Institut des Cultures de l’Islam (ICI) dans le 18ème arrondissement.

Martin Parr affirme : «La photographie n’est jamais le réel mais un point de vue, un regard sur ce qui est là. Tout est dans cet interstice, sinon, tout le monde prendrait les mêmes clichés»… c’est donc cela qui différencie le bon photographe du mauvais photographe !? (débat ouvert icon wink Martin Parr... à ne parrâter ! )

En quelques jours seulement, le photographe britannique a pris pas moins de 2000 clichés du quartier, montrant sa diversité culturelle, et avec son habituel regard mêlant dérision et ironie. Ce sont 35 photos qui sont exposées à l’ICI… peut-être y aura-t-il d’autres expos pour les 1965 photos ??

martin parr Martin Parr... à ne parrâter !

©  Martin Parr / Magnum, Réception canine dans un hôtel du quartier


En savoir plus sur l’expo :

« The Goutte d’Or! L’Institut des Cultures d’Islam invite Martin Parr »

19-23 rue Léon, 75018 Paris
Du 6 avril au 2 juillet 2011
Du mercredi au dimanche de 15h à 20h, le samedi de 10h à 20h

Exposition de 35 photographies issues de la résidence de Martin Parr à la Goutte d’Or


Interview de François-Xavier Prévot, marcheur-photographe

François-Xavier Prévot travaille en tant que photographe professionnel depuis 10 ans, et nous avons souhaité recueillir son témoignage sur ce changement de vie qui inspirera peut-être de futurs photographes, et comprendre sa passion et même sa vocation, pour photographier et pour transmettre.

Alexandra : Comment vous êtes-vous lancé dans la photographie ?

François-Xavier Prévot : Grâce au Hasard qui n’existe décidemment pas, et à la faveur d’un déclencheur, une marche de 15 jours dans le Sahara en 2001, qui fut pour moi un Filtre et un Révélateur de qui je devais devenir vraiment : nous n’avons pas d’autre choix que de devenir qui nous sommes…

Je suis donc devenu « Marcheur-Photographe » par la Force des Choses, car la Vie sait toujours, bien mieux que nous, quel Chemin nous devons prendre.
J’ai donc trouvé ma Voie, celle de la Lumière (donc de l’Amour), et ça tombe bien : « photographe » signifie littéralement « écrire la Lumière »…

A : Fort de cette expérience, quelle est votre spécialité en photographie ?

FXP : Puisque c’est un voyage initiatique saharien qui m’a changé en profondeur, ma première « spécialité » a tout naturellement été la photo de voyage. Mais il faut changer et s’adapter en permanence.

Depuis 10 ans, tout en gardant la Direction que je me suis fixée, j’ai dû multiplier le nombre de mes Chemins et donc de mes références : à part la photo de studio, je me suis essayé à tous les styles. Plus que tout, ma Mission d’aujourd’hui est de transmettre et de partager avec les autres tout ce que je reçois.

A : Vous avez été sélectionné comme finaliste de la Photographie Professionnelle de l’Année 2011, dans la catégorie animalière, par l’APPPF (L’Agence pour la Promotion de la Photographie Professionnelle en France), avec cette photo. Pouvez-vous nous en raconter l’histoire ?

FXP : Ce qui est drôle avec ce Prix et cette photo, c’est que je ne suis pas spécialisé en photo animalière ! J’ai pris cette photo lors de mon troisième voyage au Japon (je suis marié à une japonaise), en hiver, dans les montagnes de Nagano. C’est le seul endroit au monde où ces singes (macaques), qui n’existent qu’au Japon, se baignent en plein air et en public pour se réchauffer ! Il m’a fallu marcher dans la forêt et attendre 3 heures, par – 15°, pour prendre cette photo.

FXP JAPON 2010 Jigokudani Interview de François Xavier Prévot, marcheur photographe

© 2011 – François-Xavier PRÉVOT
Légende : SINGES JAPONAIS – Macaques des montagnes japonaises se baignant sous la neige dans la source naturelle d’eau chaude (onsen) de Jigokudani (vallee de l’enfer) – Shibu Onsen – Le 13 fevrier 2010

A : Quel matériel photo utilisez-vous ?

FXP :

- Canon EOS 7D + 15-85 mm + 2 objectifs Carl ZEISS : 35 mm f/2 et 85 mm f/1.4

- LEICA X1 (compact)

- PENTAX Moyen Format 645 D (40 millions de pixels !)

Mais je suis actuellement en train de revendre tout mon équipement CANON pour acheter le PENTAX K5 + 16-50 mm f/2.8 + 50-135 mm f/2.8, car son capteur numérique (Sony Exmor HD 16,1 millions de pixels) est le meilleur du marché, et de loin…

A : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes photographes qui se lancent ?

FXP : Lutter encore et toujours pour faire respecter leurs droits d’auteurs, chaque jour bafoués, continuer, coûte que coûte, d’avancer sur la Route de la photo (qui n’a jamais été aussi difficile), grâce à une Foi à déplacer les montagnes.

Vaste programme : tout a déjà été fait, et tout reste à faire.

Et il n’y a pas de Limite…

A : Merci de nous avoir fait partager votre passion, votre histoire et vos conseils !

Propos recueillis par Alexandra le 6 avril 2011


Les secrets d’un photographe de portraits

Fabien Campoverde est photographe professionnel et, outre les paysages et le photoreportage, il s’est spécialisé dans le portrait, a travaillé pendant 4 ans dans un studio parisien et collabore régulièrement avec les grands noms de la presse française, des féminins aux magazines de sport. Il anime également des stages de photographie pour Mon Cours Photo.

Alexandra : Bonjour Fabien, l’un de tes thèmes de prédilection est le portrait, d’où t’es venue cette passion ?

Fabien : La passion du portrait m’est venu très tôt, quand je me suis mis à la photo à 15 ans, et suite à ma rencontre avec Bertrand Desprez, qui m’a dit « Tu as un œil, il faut que tu l’utilises ». J’ai vraiment réalisé dix ans plus tard ! Aussi, je suis quelqu’un d’ouvert : j’aime aller vers les gens, les découvrir, j’ai la parole facile, c’est important pour prendre des portraits.

Fabien Campoverde Ruth Les secrets d’un photographe de portraits

(c) Fabien Campoverde, Ruth

A : Comment as-tu appris à réaliser des portraits ?

F : J’ai assisté Michel Labelle pendant 4 ans : c’est un grand portraitiste (ses portraits sont publiés dans L’Express, Le Point, Enjeux…) qui m’a appris à faire du portrait, dans la manière de diriger les gens que tu photographies. Ensuite, j’ai appris en par la pratique. Tout d’abord, à gérer les caractères. Si on sait parler à son sujet, on peut lui faire faire ce que l’on veut. Il faut leur demander directement ce qu’on veut, car ils comprennent que c’est le photographe qui maîtrise l’instant.

A : As-tu des astuces à donner pour bien réussir les portraits ?

F : Mes astuces sont très personnelles. Par exemple, je travaille toujours avec un pied, pour faire le cadre, puis je fais la lumière, et ensuite je peux me concentrer sur la personne, sur les attitudes.

A : Certains de tes portraits sont réalisés avec des effets de vitesse qui mettent en valeur les personnages, comment as-tu réussi cet effet ?

F : Avec un pied ! J’ai pu shooter avec des vitesses lentes, et le sujet ne bougeait pas alors qu’autour de lui d’autres personnes étaient en mouvement. J’ai fermé un maximum pour avoir une bonne profondeur de champ.

A : Que cherches-tu à montrer dans un portrait (de sportif par exemple) ?

F : Clairement, je cherche à faire transparaître un caractère : il doit se passer quelque chose dans les yeux. On a souvent une image des célébrités, mais en étant léger, sympa, en captant leur attention on arrive à créer des moments privilégiés qui vont conduire à des photos privilégiées.

Fabien Campoverde Uselections Les secrets d’un photographe de portraits

(c) Fabien Campoverde, US Elections (2008)

A : Tu as réalisé une série très intéressante pendant les élections présidentielles américaines en octobre 2008, comment as-tu réussi à approcher les électeurs ?

F : Très simplement, je me suis fondu dans la masse. Il y avait deux types de réaction : soit les électeurs étaient méfiants et je devais shooter sans me faire remarquer, soit ils étaient en demande, car pro-Obama. Finalement mon reportage sur la semaine de pré-votre en Géorgie montrait que les jeux étaient faits.

A : Merci Fabien pour tes conseils, et avis aux « apprentis photographes » qui pourront suivre d’autres conseils lors de tes prochains cours sur le Portrait et la Photo en Studio !

Propos recueillis par Alexandra le 10 février 2011

Pour retrouver (presque) toutes les photos de Fabien : www.fcampoverde.com


L’ABC de Marc Riboud

L’expo photo à ne pas manquer au mois de janvier à Paris, c’est sans doute celle de Marc Riboud, photoreporter et témoin des grands événements de ce siècle, qu’ils soient proches ou lointains géographiquement parlant, ils nous semblent si proches dans ces photos empreintes d’une humanité forte !

L’originalité de cette exposition proposée à la Maison Européenne de la Photographie jusqu’au 30 janvier 2011, est qu’à chaque photo correspond une lettre… il y a donc 26 photos. C’est l’occasion d’amener les enfants pour réviser l’alphabet !

Ci-dessous : F comme Fenêtre, un modèle de composition… et de patience j’imagine !

Fenêtre Marc Riboud 1965 LABC de Marc Riboud

Fenêtre d’antiquaire à Pékin, (c) Marc Riboud, 1965

A comme les 3 petites amies chinoises, I comme une image, J comme la joie d’une algérienne lors de la proclamation d’indépendance, M comme maman, une bien jeune maman à Calcutta…

On retrouve les pays foulés par le photographe, des Etats-Unis à l’Asie du Sud-Est en passant par l’Afrique du Nord.

La MEP (Maison Européenne de la Photographie)
5/7 rue de Fourcy – 75004 Paris – Métro Saint Paul.
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 20h.

Alexandra


Interview de Chloé Devis, auteur du « Goût de la photo »

Qui mieux qu’elle pouvait réaliser une anthologie littéraire sur la photo ? Chloé Devis porte les deux casquettes : celle de journaliste rédactrice à la plume délicate, et celle de photographe reporter, en France, en Mauritanie et ailleurs. Ajoutez une sensibilité particulière à cet art qu’est la photo, et vous obtenez le recueil indispensable à tout amoureux de la photo. Enfin un livre facile et agréable à lire sur notre passion, et en format poche pour nous suivre partout ! Chloé vit à Paris et se partage aujourd’hui entre commandes et projets photo personnels. Elle anime également des ateliers en milieu scolaire et des stages de photographie pour Mon Cours Photo.

Goût de la Photo Man Ray Interview de Chloé Devis, auteur du Goût de la photo

Alexandra : Bonjour Chloé, comment t’est venue l’idée de ce livre, un recueil de textes choisis sur la photo ?

Chloé : C’est un ami ayant lui-même réalisé un volume de la collection « Le Goût de » qui m’a suggéré cette idée.  J’ai relevé avec plaisir ce défi qui conjuguait  mon… goût de la photo et  celui de l’écriture et de la littérature.

A : Face à la mine d’informations sur le sujet, comment as-tu choisi d’organiser le recueil ?

C : Le recueil est organisé thématiquement : la première partie est consacrée aux multiples façons de penser et de « classer » la photographie, dans le champ artistique, culturel et philosophique, la deuxième porte sur les pratiques de prise de vue en tant que telles, la troisième se penche sur les images, une fois réalisées, et ce qu’elles peuvent nous dire. Le terme « photographie » désigne en effet à la fois la discipline, le procédé et son résultat !

A : As-tu trouvé, grâce à tes recherches, qui était l’inventeur originel de la photo ?

C : Les débats sur la nature de la photographie ont été nombreux à sa naissance d’où une première partie très axée sur les débuts de son histoire. Si Niepce et Daguerre sont présentés officiellement comme les inventeurs du médium, les spécialistes de l’histoire de la photo ont démontré par la suite que de nombreux pionniers ont travaillé plus ou moins à la même époque sur différents procédés de reproduction de la réalité, ce qui rend difficile la désignation d’un inventeur unique.

A : Tu cites des philosophes, poètes, peintres, photographes… Qu’est-ce qui t’a poussé à en choisir certains plutôt que d’autres ?

C : Sur le plan théorique, j’ai d’abord écarté la plupart des noms trop attendus sur le sujet, comme Roland Barthes, Susan Sontag… même si j’ai « gardé » Walter Benjamin, par exemple. C’est aussi pour éviter de citer à nouveau Baudelaire dont le discours très hostile à la photo du « Salon de 1859 » est très connu que j’ai préféré Lamartine pour aborder la même problématique. Par ailleurs, le champ des possibles était si large que je me suis laissée porter par mes propres souvenirs de lectures et ceux de mon entourage, et par mes découvertes au hasard des bibliothèques, des librairies, des encyclopédies de la photo… pour opérer au final une douloureuse sélection avec un impératif : la plus grande diversité possible d’auteurs et d’approches, en couvrant toute l’histoire de la photo. Le reste est une affaire de subjectivité pure !

A : Quelles surprises t’ont réservées tes recherches pour ce recueil ?

J’ai découvert que la passion de la photo était partagée par bien plus d’écrivains que je ne le pensais, d’hier et d’aujourd’hui. Ainsi, Zola, qui figure dans mon livre avec un extrait de La Curée, possédait toute une collection d’appareils. Tournier, Duras, Modiano… sont d’autres auteurs cités dans mon recueil dont l’œuvre est traversée de références aux images photographiques. Autre « révélation » pour moi, la verve de certains photographes eux-même pour évoquer leur art, tels Lartigue, Man Ray ou Doisneau à travers leurs mémoires.

A : J’ai découvert que la photo a été critiquée à ses débuts…  Par exemple Alphonse de Lamartine la qualifie de « charlatanisme » puis de « mieux qu’un art ».  Comment expliquer cela ?

C : De nombreux créateurs de l’époque de la naissance de la photo lui ont contesté le rang d’art, notamment en raison de son caractère « mécanique ». Certains, comme Lamartine ou Baudelaire, ont changé d’avis par la suite, plus ou moins explicitement. Par exemple, après avoir qualifié la photo de «refuge de tous les peintres manqués », Baudelaire s’est fait photographier par son ami Nadar, et lui a également commandé un portrait de sa mère ! Il faudrait  là encore se tourner vers des travaux de spécialistes pour comprendre le déclic de ce changement de perception, mais c’est le cas de nombreuses inventions de susciter craintes et réprobation à leur apparition…

A : Le livre parle très peu de la photo numérique. Est-ce une évolution… ou une révolution ?

C : Mon introduction mentionne l’apparition de la photo numérique et si elle n’est pas citée en tant que telle dans les textes choisis, c’est sans doute que son apparition est trop récente pour avoir suscité des écrits littéraires à proprement parler.  Aujourd’hui, la littérature à son sujet est essentiellement technique… et en réalité, les controverses qu’elle suscite renvoient pour la plupart à des débats très anciens, sur la retouche par exemple. Mais elle représente en effet une révolution : le grain d’argent et le pixel ne sont pas de même nature, ni sur le plan technique, ni sans doute sur le plan philosophique ! Et pourtant l’essentiel demeure : une « écriture avec la lumière »…

A : Merci Chloé pour ce mot de la fin, et que tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’«écriture avec la lumière » se ruent dans les librairies pour acquérir Le Goût de la photo aux éditions Mercure de France pour la modique somme de 6,80 € !

Propos recueillis par Alexandra le 12 janvier 2011

Pour en savoir plus sur Chloé Dévis :
Site : www.chloedevis.com
Blog : http://chloedevisphoto.wordpress.com


L’expo David Goldblatt, à ne pas manquer ! Jusqu’au 17 avril à la Fondation HCB

David Goldblatt est un photographe sud-africain né en 1930. Son pays est au centre de son oeuvre, et il a suivi et suit encore les évolutions pour le moins tourmentées de Johannesburg. Pendant l’apartheid durant les années 70, il témoigne des deux faces de la société sud-africaine, d’un côté les Afrikaners, et de l’autre les noirs sud-africains.

Il a beaucoup travaillé pour la presse, mais se dit indépendant, ce qui renforce la puissance de son regard photographique : « I regard myself as an unlicenced, self-appointed observer and critic of South African society which I continue to explore with the camera ».

David Goldblatt article Mon Cours Photo Lexpo David Goldblatt, à ne pas manquer ! Jusquau 17 avril à la Fondation HCB

(c) David Goldblatt, "On Eloff Street, 1967

En 2009, il a reçu le prix de la Fondation Henri Cartier-Bresson, décerné tous les 2 ans à un photographe pour le soutenir dans la réalisation d’un projet… Celui de David Goldblatt étant toujours témoigner sur la société sud-africaine.

L’exposition de photographies retrace la carrière de David Goldblatt depuis 60 ans, notamment avec les photos de « l’époque TJ », acronyme pour « Transvaal, Johannesburg », anciennement utilisé pour l’immatriculation des véhicules de son pays.

Du 12 janvier au 17 avril 2011
A la Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris.
www.henricartierbresson.org

Plus qu’une semaine à patienter avant le début de l’expo !!

Alexandra


Le coiffeur du paradis

Un beau jour de novembre, car il y en a eu, je suis partie à la rencontre des galeries couvertes de Paris… Celles situées entre Strasbourg Saint-Denis et Château d’Eau, à la lisière du Sentier. Du coup, j’ai découvert que la plupart des galeries étaient thématiques : l’une pour l’habillement, l’autre pour manger sur le pouce, une autre un vrai voyage en Inde, et celle de la photo proposait un vaste choix de salons de coiffure, tous moins chers les uns que les autres… et certains avec des noms qui laissaient rêveur… Comme sur la photographie reflex ci-dessous : « Heaven coiffure » !

IMG 8960 Le coiffeur du paradis

En raison de la pénombre j’ai réglé mon reflex sur 800 ISO avec une vitesse assez lente de 1/60 et une ouverture importante de F/6,3 pour laisser passer un maximum de lumière sans avoir à monter les ISO. En effet, si vous choisissez un réglage sur des ISO trop élevés, vous allez augmenter le bruit numérique (l’équivalent du grain en argentique, à la différence que ce n’est pas beau à voir !) qui va donner des tâches bleu-rouge dans les couleurs sombres… Les appareils des photographes professionnels peuvent avoir une super définition à 1600 voire 3200 ISO, mais d’une manière générale mieux vaut ne pas trop forcer sur les ISO et ne jamais choisir la dernière option de votre appareil, qui va être celle avec le moins bon rendu !

Alexandra